Entre 1947 et 1960, le constat qu’un grand nombre de militaires de l’ALAT (ALOA) décède en et hors service commandé, laissant des familles souvent confrontées à des situations difficiles, conduit le général LE MASSON, Commandant l’Aviation Légère de l’Armée de Terre, à imaginer un dispositif d’entraide. Mesurant en effet parfois l’ampleur du désastre psychologique, la détresse des familles et leurs difficultés à faire face moralement et financièrement suite à la disparition brutale d’un conjoint, d’un père, d’une mère ou d’un enfant, le général LE MASSON décide la mise en place d’une structure sous forme associative afin d’aider rapidement et de suivre sur le long terme ces familles.

 

Février 1960 : Naissance de L’Amicale et Entraide de l’ALAT

Les vœux du général LE MASSON sont concrétisés et l’Amicale et Entraide de l’ALAT est créée avec l’aide de son président le général LEJAY ainsi que des bénévoles qui adhérent totalement à la cause. L’association est autorisée à fonctionner en faveur des militaires de l’ALAT en activité sur décision du Ministre des Armées. L’engouement pour l’adhésion à l’Amicale et Entraide de l’ALAT est immédiat (750 adhérents dès la première année).

 

Novembre 1960 : Elargissement de l’adhésion

A la demande des unités de soutien de l’ALAT, l’association élargit l’adhésion à tous les militaires appartenant à ces unités. Elle décide aussi d’intégrer dans ses rangs les militaires appelés du contingent.

 

1961 : Autonomie financière

Au cours de l’année, les unités de l’ALAT se mobilisent en faveur de l’association. Les événements de l’époque touchent un grand nombre de camarades et par conséquent leurs familles. L’entraide s’organise et des fonds sont récoltés. Le général LEJAY contacte des sociétés civiles et les sensibilise sur l’action de l’association. Leurs dons viennent compléter les actions de l’Entraide.

1962 : Adhésion en masse

L’Amicale et Entraide de l’ALAT triple le nombre de ses adhérents. Ce sont maintenant 2000 militaires que dénombre l’association. Cette année marque un tournant dans l’organisation de l’association. Un suivi concret des familles se crée sur toute la France métropolitaine avec les unités.

 

1963-1965 : Croissance et maturité

L’association murit et acquière de l’assurance. Elle continue à maintenir les contacts avec les familles.

 

1973 : Transfert du siège

Le siège de l’Amicale et Entraide ALAT est transféré de Paris à Villacoublay (déclaration du 17 mai 1973 inscrite au JO du 30 mai 1973).

 

1976-1978 : Partenariat avec d’autres associations

L’Amicale et Entraide ALAT et Les Ailes Brisées travaillent de concert et se complètent afin de dispenser des actions complémentaires en faveur des familles des militaires décédés en service.

 

1981 : Proximité et mise en place d’un réseau relationnel

La gestion des relations avec les familles, jusqu’à présent assurée par les unités, est transférée aux déléguées régionales.
L’association s’appuie désormais sur l’action de veuves volontaires touchées par des drames similaires à ceux des familles des adhérents. Les déléguées assurent maintenant le relationnel entre l’Entraide et les familles, améliorant ainsi la proximité, le suivi et la compréhension du drame vécu.
Un réseau national divisé en régions est né : des correspondants dans chaque unité, des déléguées dans chaque région font que l’Entraide demeure présente par le tissage d’un lien permanent.

 

1982 : Organisation structurelle

La nécessité d’une déléguée coordinatrice nationale se fait ressentir. Madame Jocelyne CHANDOINNEAU, veuve de l’ALAT et déléguée de la région Anjou, accepte cette responsabilité. Elle coordonne activement les relations et le suivi entre les différents acteurs de l’association (déléguées, correspondants, commandants d’unité, action sociale des armées, Les Ailes Brisées, direction du personnel militaire …).

 

1983 : Disparition du fondateur

Le 14 décembre, la disparition du général LEJAY endeuille l’Entraide ALAT. C’est le fondateur de l’Entraide qui disparaît alors qu’il n’a eu de cesse pendant ses 23 années de présidence de faire prospérer et évoluer l’association. Il a construit l’Amicale et Entraide ALAT qui est devenue incontournable en matière de solidarité au profit des familles.
Le général COFFRAND est élu à la présidence de l’Amicale et Entraide ALAT avec la dure tâche de succéder au fondateur, mais il hérite d’une association à la situation pérenne qui s’est forgée un nom et une image incontestable.

 

1983-1993 : Développement de la communication

Le général COFFRAND axe sa présidence sur la communication et l’information. Il accentue également les actions de l’Amicale et Entraide ALAT sur le relationnel entre les familles, les déléguées et les correspondants afin de faire perdurer et évoluer les actions de l’association.


1986 : l’Amicale et Entraide ALAT devient l’Entraide ALAT (déclaration du 20 mai 1986 inscrite au JO du 18 juin 1986).

En avril 1993 c’est le général VIOT qui succède au général COFFRAND à la présidence. Il hérite d’une association saine et de renommée certaine. Il s’attache à faire perdurer l’esprit de solidarité que lui ont inculqué ses ainés. Le don de soi, la proximité et l’écoute sont les maitres mots du président. Il mobilise ses bénévoles et met tout en œuvre en faveur de la solidarité envers les veuves, veufs, orphelins et adhérents dont il a la responsabilité.

 

2003 : Une nouvelle déléguée nationale

Madame Mireille LICHTENSTEGER succède à Madame Jocelyne CHANDOUINEAU qui a construit et animé pendant 21 ans le réseau indispensable des déléguées. C’est avec toujours le même objectif d’être au plus près des familles touchées par le drame d’une disparition que Mme LICHTENSTEGER prend cette responsabilité importante.

 

2010 : Reconnaissance de l’association par l’État

Le 26 octobre 2010 l’Entraide ALAT est reconnue association d’utilité publique.

 

2012 : Le général VIOT « passe les commandes »

Après plus de 19 ans à la présidence de l’Entraide ALAT et d’engagement sans compter pour cette noble cause, le général Guy VIOT passe les commandes au général Yann PERTUISEL.

 

Les présidents de l’Entraide ALAT

 

1960- 1983 : général LEJAY

1983- 1993 : général COFFRAND

1993- 2012 : général Guy VIOT

2012- : général Yann PERTUISEL

 
 
 

Banzette« Banzette » est ni plus ni moins que celle qui peut être considérée comme la toute première des « déléguées » de l’Entraide ALAT d’aujourd’hui ! Elle a été une actrice très engagée de l’histoire de notre belle Arme et de ses toutes premières années d’existence.

C’est dès l’âge de 16 ans que Marie-Lise (future « Banzette ») ESTOUP, née BOELLMANN, s’affirme comme une femme hors du commun. Ayant fui l’Alsace avec ses parents après la débâcle de 40, elle est lycéenne à Saint-Germain en région parisienne lorsqu’elle est condamnée à deux mois de prison pour « insulte à l’armée allemande ». Elle est déjà amoureuse du garçon de quatre ans son ainé qui deviendra plus tard son premier mari, le futur capitaine Raymond BANZET. Celui-ci aura également eu un parcours hors du commun puisqu’il s’engage à 18 ans et est blessé en mai 1940 au volant de l’automitrailleuse dont le chef n’est autre que le lieutenant Le MASSON, futur commandant de l’ALAT que « Banzette » retrouvera quelques années plus tard. C’est après avoir rejoint les forces françaises libres qu’il retrouve sa bien-aimée qu’il épouse le 6 février 1945 à l’occasion d’une permission. Il décide de poursuivre une carrière militaire et se lie alors d’amitié avec le sous-lieutenant Bernard de LATTRE. Cette amitié créera des liens très forts avec son célèbre père, le général de LATTRE, et sa mère que « Banzette » accompagnera près de cinq ans après la mort du Maréchal en 1952.

Après la mort du capitaine BANZET en Indochine en 1952, Marie-Lise part pour l’Algérie où elle est recrutée par le lieutenant-colonel CRESPIN qui commande le célèbre GH2. Là, elle devient une des premières « PFAT » (Personnel Féminin de l’armée de Terre) et assure en quelque sorte la fonction d’assistante sociale au sein du GH2 de 1957 à 1959 (le poste n’était pas sensé exister car il y avait une assistante sociale en titre à Sétif). On peut donc affirmer qu’elle est la véritable pionnière des futures déléguées de l’Entraide ALAT qui vont plus tard être aux côtés des familles des camarades disparus ou blessés. C’est ainsi que le capitaine ESTOUP nous a relaté comment « Banzette » était venu accueillir à Alger la veuve du capitaine JACQUIN, mort en service aérien commandé en 1959. Elle avait accompagné Denise JACQUIN jusqu’à Aïn Arnat et l’avait logé chez elle. Pendant toute la durée des obsèques, Marie-Lise n’avait pas lâché la main de Denise avec qui elle est restée très liée. Il nous a aussi raconté comment il faisait le « taxi » pour sa chère Marie-Lise avant leur mariage alors qu’elle allait rendre visite à des familles de l’ALAT endeuillées en Alsace.
En 1961 elle rejoint le COMALAT à Issy les Moulineaux auprès du général Le MASSON, ce lieutenant qui avait été blessé avec son mari en 1940… Le COMALAT lui confie un jour la mission de rendre visite à un officier de l’ALAT emprisonné à Fresnes pour avoir mis son peloton d’avions à la disposition du général CHALLE… Cet officier n’était autre que le capitaine GERVAIS, notre grand Ancien, colonel honoraire et grand officier de la Légion d’honneur qui nous a quittés en 2013. C’est à Fresnes qu’elle fait la connaissance de son futur mari, légionnaire du 1er REP et emprisonné lui aussi dans la cellule voisine. C’est la Maréchale de LATTRE qui les mariera le 31 janvier 1962…

« Banzette » est décédée le 18 février 2017 dans sa 93ème année.

 
 
 
 

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07/07/2017 07:10:38